G. Briant et I. Brossat ont parfaitement raison d'exiger un relèvement des minima sociaux et plus généralement des salaires et retraites. En effet, dans l'étude réalisée en juin pour la mairie de Paris sur les biffins de la Porte Montmartre, la proportion de retraités (et handicapés de plus de 50 ans) est évaluée à 75 %, celle des travailleurs précaires à 10 % et les auteurs observent : « Un traitement social individualisé par le biais des parcours classiques de l'insertion ne semble donc pas suffisant. Même si un accompagnement social complémentaire serait nécessaire, l'accès aux droits est correct, et ce sont les droits qui sont insuffisants. Les biffins ne sont pas à la marge des systèmes d'aide publique, mais les revenus perçus nécessitent un complément ».
Mais, contrairement à ce qu'indiquent G. Briant et I. Brossat, les vendeurs de nourriture, largement médiatisés ces derniers temps, sont en réalité une très infime minorité. Les biffins ne sont pas, non plus, « plus de mille » et leur nombre n'a pas été multiplié par dix (!) depuis l'été : l'étude en dénombre « près de 400 » en juin et les décomptes effectués ces dernières semaines par des acteurs du quartier en donnent environ 600 (un certain nombre provenant d'autres « marchés aux puces », notamment de la Porte de Montreuil, dont ils sont justement chassés depuis l'été). C'est, de toute façon, largement assez pour perturber la vie des riverains, surtout compte tenu de la façon dont la police « gère » la situation.
Depuis plus de 3 ans, la seule réponse de la mairie est la répression. La police chasse les vendeurs, parfois brutalement, elle en verbalise un certain nombre (172 € l'amende pour des personnes en dessous du seuil de pauvreté), s'empare et détruit tous leurs biens dans une benne broyeuse mise à sa disposition - 10 000 € par mois à la charge du contribuable - par la mairie socialiste avec l'appui officiel de …G. Briant. Répression indigne et totalement inefficace car elle ne dissuade en rien les biffins de revenir, tant les quelques sous escomptés sont nécessaires à leur survie. G. Briant et le maire Daniel Vaillant ont finalement admis l'idée qu'il fallait organiser ce marché mais ils ne prévoient que 104 emplacements et pour les autres : la répression, toujours. Est-ce vraiment là « l'ambition » des députés du Front de Gauche pour lesquels G. Briant et I. Brossat nous appellent en conclusion à voter ? J'espère que non !
Daniel Masson |