Il y a quelques temps, je vous ai parlé de cette journaliste qui a passé plus de trente ans sur le massacre de Katyn, en Pologne. Alors qu'à la fin des années 90 et la politique de glasnost de Gorbatchev, elle avait accès aux archives, qui lui sont refusés depuis l'arrivée au pouvoir de Poutine. Ce n'est pas la seule à souffrir du durcissement de Moscou.
Le mémorial, association créée par Sakharov en 1988, devait organiser début décembre 2008; une conférence à Moscou, sur les déportations et les crimes commis au goulag. La veille de la conférence, les responsables de la fondation ont remarqué que le siège situé à Saint Pétersbourg a été visité et des documents, dont la photo des prisonniers politiques, et les disques durs des ordinateurs ont disparu. Le spécialiste de l'histoire soviétique, Nicolas Werth, ne s'étonne pas de cette intrusion. Le pouvoir réhabilite, depuis des années, le passé stalinien de la Russie. Lors d'un précédent meeting, auquel le Ministre de l'Enseignement était présent. Les organisateurs de la rencontre lui ont demandé pourquoi ses services avaient autorisé la publication, dans les livres scolaires, la qualification de « dirigeant efficace, et fondamental ». Le Ministre a refusé de donner toute explication. Le Mémorial est déjà soupçonné par le Kremlin d'être lié à un journal d'opposition. C'est ce qui conduit la Justice à placer les dirigeants de l'association sous le coup de la récente loi sur l'extrémisme. Si ils sont reconnus coupables, ils risquent chacun jusqu'à 8 années de prisons. Pour moi, traquer quelqu'un pour ses opinions politiques, c'est une atteinte aux Droits de l'Homme. Je n'ai jamais entendu parler de sanctions, pour cette violation des droits élémentaires, en direction de la Place Rouge. Aurait-on peur que Moscou ferme définitivement les vannes des gazoducs? |