Voilà
deux mois que je parle de l'arrêté anti-mendicité
et de mon pote Jimmy. Mais je ne vous ai jamais parlé de son
histoire. Voilà trois ans qu'il habite dans le Sud. Avant, il
habitait en Suisse, où il était magasinier. Son patron
a délocalisé, durant le weekend, le dépôt.
Le lundi matin, il se pointe, avec ses collègues, et découvre
un entrepôt complètement vide. Il en a fait une
dépression, et un de ses copains lui propose de l'héberger
sur Béziers. Il trouve un emploi dans la centrale d'achat
d'une grande enseigne, à Vendargues. Il quitte la vallée
de l'Orb pour s'installer à Jacou. Un matin, il remarque qu'on
lui a volé sa voiture, mais ne peut pas s'en acheter un e
autre. Quand il travaillait de journée, il prenait le bus.
Mais quand il bossait de nuit, il faisait du stop. Si personne ne le
prenait, il pouvait marcher une heure. Une nuit, il fait un faux
mouvement et se pète le dos. Il se force plusieurs jours de
suite pour aller travailler, mais la douleur a finalement raison. Il
se fait licencier. En allant s'inscrire à l'A.N.P.E, il
remarque qu'il a perdu sa carte de séjour. Voilà
comment il a dégringolé. Mais, aujourd'hui, un couple
l'héberge et lui ont trouvé un travail. En voyant ce
couple, je pense à la chanson de l'Auvergnat de Bressens.
Si on enlève
les vrais cons, [à ne pas confondre avec les faucons. La
première est une espèce qui n'est ni protégé
ni en voie d'extinction, vous pouvez les tuer facilement. Sachez que
c'est moi qui délivre les permis. Chaque fois que je fais
passer l'examen, je regrette de ne pas être raciste envers les
Noirs ou les Arabes, c'est plus simple à reconnaître], à
Montpellier, tout le monde est généreux. Même
Frêches. La preuve : les frères Pourcel, propriétaires
d'un restaurant 3 étoiles sur les Rives du Lez, ont eu des
soucis avec un associé. Tonton Georges leur a accordé
un prêt à taux zéro. Pas sur ses deniers
personnels, mais sur la caisse de la Région. Mais
malheureusement, il n'a aidé que eux deux, aucun autre
restaurateur du Languedoc.
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